L'Aube.
Les persiennes filtrent la
lumière du jour. Douceur. Un léger picotement dans la nuque, la chaleur paisible de l'éveil, parfum de nuit posé sur des rêveries persistantes. Puis vient l'odeur du café. Le frisson des pas
sur le carrelage glacé. Un mot, peut-être, aussitôt oublié. Le plissement des yeux fuyant l'éclat d'aurore.
Un homme debout dans le miroir qui ne me rappelle rien. Une ombre. Bouffée des chaleurs
nocturnes qui reparaissent lentement. L'éveil progressif des sens à la perception des millions de spectacles du jour.
La fleur d'iris ouverte absorbe le soleil. Clarté. Un oiseau, mais qui ne chante pas. Peut-être
qu'il ne vole pas. Le ciel est trop imprécis. Doute.
Puis revient le miroir. Ou est-ce un retour au miroir ? Une forme, un reflet flou. La
lumière toujours présente, mais elle n'éclaire pas. Il fait très sombre, pourtant l'oeil voit.
Lui ! L'homme dans le miroir qui ne rappelle rien. Sauf peut-être qu'il est. Il ne rappelle
rien... Il ne rappelle rien sauf peut-être... peut-être est-il. Il est.
J'y suis !
Réveil.
Hurlement strident dans la nuit toujours pleine. Brasier de la lampe au chevet. Rudesse. Un léger picotement dans la nuque...