La poésie n'est pas cachée : ni dans les noms
   
    Ni dans les choses.
Rien au monde n'est moins saillant
   
    Qu'elle : la poésie.

Elle enveloppe tout, et faute
D'être seule aux hommes sensible,
Revêt d'une large patine
Tout ce que leurs sens apprécient.

Ce manteau de haute facture se traine
Sur la surface béate des choses
Afin qu'en toute part et partout
Chaque objet en soit recouvert.

La poésie n'est pas l'envers
Mais bien l'avant,
Mais bien la plus neuve poussière
Sur le verni du monde nu.
Son lit nouveau s'étend, sans fin,
Sur l'étendue.

Ceux qui, trop loin, la vont chercher,
Brisent d'un ongle malheureux,
Au premier pas de leur étude,
L'objet qui leur était précieux :
C'est la membrane même qu'ils viennent d'arracher.

Dites-leur à présent d'abandonner l'essence,
        Les mines et les pioches !
Dites-leur à présent qu'est vaine l'appétence
   
    Pour le secret des roches
Et vaine l'exigence d'excaver le langage !

Dites-leur que leurs nuits sont perdues à creuser
   
    Pour ne jamais trouver
Qu'un mot : une raison de creuser davantage.

    C'était là, sur le sol, sur l'infime rayon,
    Sur les bords merveilleux de l'univers connu,
    Sur l'onde évaporée.

Mais vous avez foré trop avant la matière
Et vos coeurs blessés, d'aventure,
Se trouvent retenus trop profond sous la terre
   
    Pour espérer l'atteindre.
Retour à l'accueil
 
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés